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Environnement

Les Pays-Bas misent sur les labels pour redorer l’image des produits laitiers

Publié le 22/12/2020 par Claire LAMY GRANDIDIER
Les Pays-Bas misent sur les labels pour redorer l’image des produits laitiers. ©D.Bodiou/Pixel6TM

La bonne dynamique du secteur laitier aux Pays-Bas a été stoppée par l’obligation de respecter des mesures environnementales. Dans ce pays, la hausse de la production laitière a engendré une production accrue des déjections et donc d’azote ainsi que de phosphore par les vaches. Si cette contrainte environnementale semble désormais respectée par l’élevage laitier néerlandais, celui-ci doit relever de nouveaux défis comme la réduction des émissions d’azote, de gaz à effet de serre ou encore la restauration de la biodiversité. 

Des records historiques

Entre 2014 et 2016, la production laitière nationale a augmenté de 16% pour atteindre son record historique à 14,5 millions de tonnes. Cette hausse a reposé en grande partie sur l’accroissement du cheptel qui est parvenu, lui aussi, à son maximum historique avec près de 1,8 million de vaches fin 2016. 
Aux Pays-Bas, les exportations sont le débouché principal des produits laitiers. Les volumes ont augmenté de 66 % en dix ans pour atteindre les 13,7 millions de tonnes équivalent lait (laits infantiles inclus) et ont doublé en valeur, à 10 milliards d’euros. En 2016 à l’échelle européenne, les Pays-Bas sont devenus, en incluant les poudres de lait infantiles, le premier exportateur européen de produits laitiers devant l’Allemagne. 

Obligation de respecter les mesures environnementales

Cette compétitivité a pendant longtemps reposé sur un non-respect des obligations réglementaires en matière d’environnement. Désormais, la dynamique néerlandaise s’est enrayée avec l’obligation de respecter des mesures environnementales, mettant à mal la compétitivité de la filière laitière, en augmentant les coûts de production et en limitant les volumes produits. 

Les plafonds d'azote de phosphore dépassé

L’une des conséquences du boom laitier néerlandais est la production importante de déjections et donc d’azote et de phosphore par les vaches laitières. Or, le respect du « plafond phosphore » est une des conditions du maintien de la dérogation à la directive nitrates qui permet aux élevages laitiers néerlandais d’épandre jusqu’à 230 ou 250 kg d’azote/ha selon les terres. En cas de non-renouvellement de la dérogation, un retour à une limite de 170 kg d’azote serait alors automatique. Aujourd’hui, après cinq années de hausse consécutive, le niveau d'émission d'azote dans le secteur laitier a légèrement diminué en 2018 pour s'établir à 292,8 millions de kg (-3,5% /2017). 

Des difficultés pour baisser les émissions d'ammoniac

De plus, conformément au droit européen, les Pays-Bas ne devaient pas émettre sur la période 2010-2019 plus 128 000 t d’ammoniac/an. En revanche, ce plafond a été dépassé à plusieurs reprises, en 2010, 2011, 2017 et 2018, notamment à la suite d'une hausse des émissions agricoles, qui représentent environ 85% des, émissions nationales. L'émission d'ammoniac maximale autorisée par animal est régulièrement revue à la baisse, passant de 12,2 kg en 2015 à 8,6 kg en 2018.

Les transformateurs réagissent

Face à ses nouvelles mesures environnementales et à la baisse des volumes, les transformateurs laitiers, et notamment FrieslandCampanina, misent sur la valeur ajoutée et la compétitivité hors-coûts plus que sur les volumes. De plus, face aux enjeux sociétaux, ils multiplient la création de labels. 

La naissance des labels

Ainsi, Albert Keijn, leader de la distribution aux Pays-Bas a lancé sa nouvelle marque distributeur de produits laitiers basée sur la transformation de « lait durable ». L’entreprise s’est engagée à verser 3 €/t de lait conforme au respect du cahier des charges. 

Dans le même sillage, son concurrent Jumbo a créé le label « Better leven » afin de commercialiser du lait. Ce label est approuvé par la société néerlandaise pour la production des animaux est déjà présent pour les œufs, la viande de poulet et de porc. Les agriculteurs qui adhèrent à ce label doivent respecter 21 critères dont un pâturage minimum de 120 jours, six heures par jour. Le nombre d’éleveur adhérent reste encore faible. 

Bien-être animal, nature, climat

Par ailleurs, un certain nombre de produits Frieslandcampina portent depuis fin 2018 le label de durabilité « On the way to Planet Proof », mis au point par SMK (Stichting Milieukeur) un organisme de certification indépendant. La certification est basée sur trois piliers: bien-être animal, nature et climat. Les exigences imposées aux producteurs de lait incluent par exemple l’utilisation d'énergie renouvelable, une baisse des d'émissions de CO2, moins de pesticides, des brosses à vache, des durées minimales de pâturage.

Ces initiatives de compétitivité hors-coûts sont en priorité destinées au marché national, qui n’absorbe qu’une faible partie du lait produit aux Pays-Bas. L’enjeu, à terme, pour le pays, sera de porter le message de ces labels et marques hors des frontières néerlandaises pour conserver ou gagner des parts de marché dans le commerce international. 

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