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Santé

Mammites et mouches  en été : une petite bête pour de gros problèmes

Publié le 20/08/2020 par dans
 Les mouches sont un facteur favorisant les mammites et les cellules. CP : tobago77/Adobe Stock.
L’été, une infestation par les mouches est un facteur de risque important pour l’apparition de mammites et des montées de cellules. On entend parfois que « les mouches amènent des mammites ! » Mais qu’en est-il vraiment ? Pourquoi les mouches peuvent-elles vous créer de gros problèmes en été ? Quelques éléments d’explication…

Les mouches transportent des bactéries sur leurs pattes. Il n’est pas rare de les voir se poser sur les mamelles des bovins. Deux raisons à cela : le cuir y est plus tendre et il peut y avoir des résidus voire des pertes de lait au niveau du sphincter. Les mouches sont attirées et peuvent déposer des bactéries directement à la porte d’entrée de la mamelle, ce qui rime avec risque de contaminations, montées cellulaires et déclenchement de mammites. 

Stress lié aux mouches : vous êtes également concernés ! 

La présence de mouches est un facteur de stress pour l’animal comme pour vous, éleveurs, et notamment durant la traite. Les mouches piquent tout ce qui bouge, les queues se balancent, les pattes se lèvent, les mamelles se salissent, les griffes tombent, les vaches stressent puis bousent. Tout ceci crée inévitablement du stress voire de l’énervement pour le trayeur. Dans ces conditions, vous pouvez faire des fautes d’inattention sur l’hygiène de traite, entraînant ainsi des nouvelles contaminations des vaches. 

Évaluez l’impact des mouches  en fonction des nouvelles infections 

Des éléments d’alerte sont à surveiller pour évaluer l’impact des mouches. Au-delà des comptages cellulaires individuels, le premier critère à surveiller est le taux de nouvelles infections en lactation. Celui-ci doit normalement être inférieur à 5 % à chaque contrôle. À cause des mouches, il peut augmenter pendant la période estivale. Le taux de nouvelles infections au tarissement doit, quant à lui, être inférieur à 10 %. S'il est plus élevé en été qu'en hiver, il s'agit d'une suspicion supplémentaire. Enfin, des nouvelles infections liées aux mouches seront très souvent corrélées avec l’identification de staphylocoques à coagulase négative dans les analyses bactériologiques. 

Passez à l’action  : luttez contre les mouches et renforcez les défenses des vaches 

Luttez contre les mouches vous permet de limiter leur population. De très nombreuses solutions existent, depuis la lutte dans le bâtiment et autour de celui-ci (lutte biologique, piégeage, insecticides) à la lutte sur les bovins (solutions médicales ou complémentaires à base de plantes). Vous devez mettre des mesures en place dès le printemps.

Il faut bien sûr aussi éviter de contribuer à la prolifération des mouches. Ainsi, l’entretien des lieux de couchage reste primordial. Autant à l’intérieur qu'à l'extérieur ! En effet, les accumulations de fumier ou les paddocks qui deviennent des « parcs à bouses » sont des lieux qui attirent les mouches et qui contribuent à leur prolifération. 

Renforcez les défenses de vos vaches contre les mammites, leur première défense étant le sphincter du trayon. Un sphincter bien tonique est une porte fermée aux bactéries. Par exemple, il faut veiller à ce que les vaches ne souffrent pas d’acétonémie. Celle-ci diminue la tonicité du sphincter, il s’ouvre, les pertes de lait attirent les mouches et les bactéries qu’elles déposent peuvent entrer. L’acétonémie diminue aussi l’immunité de la vache. Il faut donc veiller à ce que les vaches aient des apports alimentaires (et notamment minéraux) équilibrés et adaptés à leurs besoins. L’eau est également capitale. C’est le premier aliment ! Elle est nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme et donc aussi à l’immunité. Une bonne hydratation contribue à la bonne santé de l’animal. L’eau ne doit donc jamais être un facteur limitant. 

N’oubliez pas vos vaches taries  : elles peuvent aussi avoir des mammites  ! 

Lors des premiers jours de tarissement, on observe parfois des pertes de lait (avec tous les risques que nous avons évoqués précédemment). Pour éviter ce phénomène, il est important de préparer cette phase de transition par le biais de l’alimentation dans les jours qui précèdent pour diminuer la production laitière. On peut aussi aider la vache à réduire son lait avec des coupe-lait. Enfin, l’application d’obturateurs externes ou internes (voir avec un vétérinaire pour ces derniers) contribue aussi à limiter les pertes de lait et les risques de contamination.

Les mouches sont ainsi un facteur favorisant les mammites et les cellules. Et comme il y a des mouches en été… il y a un risque accru. Cependant, vous l’aurez compris, il est nécessaire d’anticiper pour lutter efficacement et pour limiter le nombre de mouches. Tout ne repose pas là-dessus, car ces dernières peuvent aussi venir du voisinage. Il vous faut donc également avoir des animaux en bonne santé et des trayons avec des sphincters toniques ! 

Article rédigé par Vincent Chaumard, vétérinaire conseil Seenovia, et par Lucie Dugue, expert qualité du lait Seenovia

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