La référence technique au service des éleveurs

Autonomie fourragère

Produire des performances animales au pâturage

Faire de la croissance à l'herbe, sans complémentation, c'est possible. À condition de bien gérer le pâturage, c'est-à-dire de respecter quelques fondamentaux : exploiter l'herbe tôt et tard, ne pas la gaspiller, bien adapter le chargement et faucher tôt. Photo : H.Grare/Pixel Image.

L’herbe est la ressource alimentaire la moins coûteuse, à condition qu'elle soit bien gérée. Ce qui signifie respecter les fondamentaux, à savoir :

  • ne pas gaspiller l’herbe;
  • ne pas surpâturer;
  • faucher rapidement et tôt pour constituer des stocks rapidement;
  • favoriser les repousses avant l'été;
  • maximiser la période de pâturage.

Responsable technique Arvalis-Institut du végétal à la Ferme expérimentale professionnelle lorraine (FEPL), Pascal Kardacz rappelle :

Le prix de l’aliment n’a cessé d’augmenter depuis 2007. Alors pour stabiliser l’EBE, il faut valoriser au mieux ce qu’on produit sur l’exploitation. L’herbe est le premier levier d’autonomie des élevages. C'est un aliment complet "haut de gamme" à un prix défiant toute concurrence.
Pour bien pâturer, il faut exploiter l'herbe tôt et tard.

2290 euros économisés

Une mise à l’herbe plus précoce de 15jours permet, à la FEPL, d’économiser pour le troupeau de 55vaches allaitantes : 14tonnes de matière sèche (MS) soit 4,7ha d’enrubannage, 17t de paille soit 4,2ha de paille, 230kg de complément minéral et vitaminique, et 60h de travail.

Sur mars-avril 2015, le pâturage précoce a ainsi permis d’économiser 2290euros sur 15jours (hors main d’œuvre).

Il ne faut pas non plus sous-estimer la qualité de l'herbe d'automne. La valeur alimentaire est très proche de celle du printemps. La pousse de l’herbe peut être importante à cette période. Et, du fait qu'il n'y ait pas d'épiaison, on bénéficie d'une bonne souplesse d'exploitation.

Sur la FEPL, les animaux sont conduits selon la méthode du pâturage tournant, sans complémentation. Sur l'ensemble du printemps 2015, le GMQ s'est élevé à 1133 g/jour pour les vaches, 1501g/j pour les veaux mâles et 1420g/j pour les veaux femelles (sur 81jours).

La gestion adaptée du pâturage a permis d'obtenir de bonnes croissances animales au 1er cycle, supérieures à la moyenne 2000-2014 pour l'ensemble des lots. Les croissances au 2e cycle ont été pénalisées par les températures caniculaires et le manque d'herbe.

Une gestion de l’herbe remodelée

L’équipe de la ferme Gen’Avenir, située à Plesnois (Moselle), a décidé la refonte complète de la gestion de l’herbe il y a deux ans. Elle a été appuyée dans sa démarche par la FEPL.

L'équipe a resemé 44ha en herbe entre 2013 et 2015. Les 214ha de l’exploitation se partagent désormais entre 100ha de cultures et 114ha d’herbe.

Les 114ha ont été découpés en plusieurs blocs :

  • un bloc pour les couples mères-veaux mâles;
  • un pour les couples mères-veaux mâles et femelles;
  • un pour les couples mères-veaux femelles;
  • un pour les génisses de un an;
  • un bloc pour les génisses de deux ans.

Chaque lot est conduit selon la méthode du pâturage tournant. Luc Voidey, directeur technique d’Elitest explique :

Ce remaniement a nécessité de réorganiser les points d’eau, d’investir dans des abreuvoirs, des conduites d’eau, mais aussi des piquets et des fils électriques. On a aussi revu les accès aux pâtures.

Réduire de 50% l'apport de concentrés

Après la première année de mise en œuvre, les salariés estiment que la gestion du pâturage tournant n’est pas plus gourmande en temps que le pâturage continu. L’équipe a également observé une amélioration des performances de l’ordre de +300g de GMQ pour les veaux mâles au printemps 2015 par rapport au printemps 2014.
Luc Voidey résume :

Certes la mise en place du pâturage tournant a un coût, mais qui est vite rentabilisé.

Dans un objectif de diminuer le temps de travail et d'améliorer l'EBE, l'équipe de Gen'Avenir cherche désormais à produire le maximum de kilos de viande à partir de l'herbe pâturée, ce qui signifie maximiser le temps de pâturage, mais aussi limiter l'apport de concentrés et fourrages. L'objectif affiché est de réduire de 50% l'apport de concentrés des veaux mâles. Cela passe aussi par une meilleure gestion de la fertilisation des prairies.

Lire aussi :
Viser l'autonomie alimentaire avec l'AB
La luzerne sécurise la production de fourrages
Allier autonomie et agronomie avec une dérobée
 

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.
Nos autres publications
Cultivar LeadersTCSCheval santéRelations cultureAfrique Agriculture
Plan du site