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Équipement

Un robot pour le paillage

Publié le 13/01/2020 par Claire LAMY GRANDIDIER dans
Guillaume Avril a investi dans un robot pailleur. CP : W.Deschamps/Pixel6TM

Si l’automatisation de la traite ou de l’alimentation par des robots est relativement connue et développée, celle du paillage l’est moins. C’est pourtant cette tâche qu’a choisi d’automatiser en partie Guillaume Avril. L’éleveur est en effet le premier utilisateur en France du robot de paillage Kuhn TKS. 

Guillaume Avril est installé à Chauvé, en Loire- Atlantique, sur 135 ha, dont 40 ha de céréales. Avec l’aide d’un salarié à mi-temps, il produit 640 000 litres de lait. C’est avec l’objectif de gagner du temps au moment de pailler que l’éleveur laitier a investi, en juin 2018, dans un robot de paillage. Il s’est équipé pour cela du modèle au catalogue Kuhn, fourni par le Norvégien TKS. « J’ai fait ce choix car mon concessionnaire, l’entreprise Bouyer, distribue la marque Kuhn et possède parallèlement une activité de maintenance industrielle », témoigne l’éleveur. Son installation se compose d’un premier module nommé « magasin » qui correspond à la réserve de paille où vient s’approvisionner la pailleuse. Il s’agit d’un tapis monté sur quatre pieds qui décharge son contenu dans l’unité d’épandage EasyBedding. Cette dernière constitue le second module, en charge du paillage. Elle évolue en hauteur grâce à un rail fixé sur la charpente du bâtiment. La pailleuse fonctionne sur le principe d’un épandeur : un tapis fait avancer la balle, au bout duquel se trouve un démêleur qui fait tomber la matière sur deux disques. Ceux-ci peuvent tourner à des vitesses et dans des sens différents, afin de faire varier indépendamment la largeur d’épandage à gauche et à droite. Un moteur de 7 kW entraîne la machine dont le paramétrage s’effectue avec un boîtier WiFi à écran tactile.
L’opérateur peut déterminer des secteurs durant le parcours où il fait varier l’épandage de paille.

« J’ai enregistré deux zones principales sur le cheminement de la pailleuse. La première, au démarrage, où le couloir est plus étroit au niveau du robot de traite. Elle épand sur deux mètres de large puis passe à quatre mètres sur le reste du couloir. De plus, je lui ai indiqué de mettre davantage de paille sur les premiers mètres pour que le racleur parte avec un minimum de matière. Enfin, devant le passage des abreuvoirs, le disque, situé du même côté que ceux-ci, se met à tourner en sens inverse afin de diminuer la largeur d’épandage et ainsi éviter de mettre de la paille dans l’eau des animaux », détaille l’éleveur. 

« Concernant la mise en route de l’appareil, elle est déclenchée par le racleur qui actionne un capteur lorsqu’il a fini son travail et qu’il revient à son point de départ. Le robot est utilisé uniquement pour le paillage du couloir devant les cornadis. Je n’ai pas choisi de faire les logettes avec, à cause de leur disposition. Il aurait aussi fallu adapter une cape au niveau des disques pour orienter le flux de fourrage entièrement d’un côté ou de l’autre. » Une évolution de l’installation qui reste néanmoins possible et que n’exclut pas l’agriculteur dans le futur.

La même quantité de paille 

« Auparavant, je paillais deux fois par jour, contre quatre fois aujourd’hui avec la machine. Elle passe deux fois le matin et deux fois l’après-midi, soit environ quinze minutes de fonctionnement journalier, explique Guillaume Avril. J’emploie la même quantité de paille quotidiennement, mais elle est appliquée en couche plus fine à chaque passage. Concernant ma consommation, le magasin de stockage dispose de cinq jours d’autonomie. Le robot vient s’y approvisionner automatiquement, et, comme j’utilise des balles carrées, il charge le nombre de plis dont il a besoin. En somme, cette automatisation m’apporte un certain confort : j’économise trente minutes par jour sur la partie paillage. Ce système génère peu de poussière durant son fonctionnement. Au sein du troupeau, je constate que les vaches sont plus propres et en meilleure santé. J’ai également amélioré la qualité de mon lait, avec une diminution du taux cellulaire de quasiment 100 000 cellules/ml depuis que je paille avec le robot, selon les résultats de mes analyses. » 

Retrouvez l'intégralité du témoignage dans Cultivar Élevage n°722 de janvier : 

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