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Intercultures

Anticiper pour assurer la réussite du couvert

Publié le 20/12/2018 par Marie Dominique GUIHARD dans
Eilyps a invité ses adhérents a découvrir la plate-forme de démonstration de couverts végétaux.

La plateforme d’Eilyps en Ille-et-Vilaine montre que les mélanges destinés à l’interculture se raisonne selon la destination du couvert. 

 
Hormis certaines contraintes réglementaires, les possibilités de mélanger les espèces sont multiples pour réaliser un couvert dans l’interculture. Selon Eilyps, la nature du couvert doit être pensée en fonction des objectifs à donner : gestion des adventices, des piégeage et d'apport d’azote pour la culture suivante, restructuration du sol à divers profondeurs et production de biomasse pour la restituer au sol.  C’est ce que l’entreprise de conseil en élevage qui accompagne plus de 3 500 éleveurs de l’Ouest a voulu montrer chez un éleveur installé à Étrelles (35). Des couverts ont été implantés le 13 août suite à une culture d’orge d’hiver récolté fin juin.
Le mélange phacélie + radis chinois a rempli la plupart de ces objectifs.

« Facile à implanter, ce mélange, commente Thibaut Berné, chef marché en agronomie chez Eilyps, a produit 5,4 t ms /ha. Sa capacité à structurer le sol, à être détruit (par le gel ou mécaniquement) s’avère satisfaisant. Son coût, 30 euros/ha, reste modeste face au 70-75 euros/ha de l’association à neuf espèces. En revanche, ce mélange qui ne contient pas de légumineuses, n’est pas le meilleur pour piéger l’azote de l’air. »  


Le radis chinois présente des caractéristiques intéressantes pour la restructuration du sol. Guihard/Pixel Image

Dès la présence de vesces, de trèfles, l’azote de l’air est mieux piégé. À rappeler que ces légumineuses permettent d’économiser de l’engrais puisqu’en moyenne 1 tMs/ha de légumineuses restitue 38 unités d’azote, huit unités de phosphore et 20 unités de potassium. Toutefois, la légumineuse ne se développe pas toujours de façon optimum. Dans le mélange vesce + phacélie + trèfle, ce dernier n’est pas visible.

« Le trèfle a rapidement été étouffé par la phacélie durant cette saison de sécheresse, » remarque l’agronome.

Ce mélange de plus de 20 % de légumineuses est de toute façon interdit par la réglementation en Bretagne.
 
Des couverts pour restructurer le sol

D’après les mesures des techniciens d’Eilyps, l’association de six espèces (tournesol + avoine diploïde + féverole de printemps + phacélie + radis fourrager) a produit 6,1 tMs/ha c’est à-dire autant que celui de neuf espèces (radis chinois + radis fourrager + phacélie + tournesol + avoine + féverole de printemps + vesce B + pois fourrager + lin). Plus le mélange contient d’espèces aux systèmes racinaires différents, plus il est efficace dans la restructuration du sol. Ainsi le mélange à neuf espèces obtient le meilleur indicateur pour ce critère. Mais au-delà de quatre espèces dans un mélange, deux passages de semoir classique ou le choix d’un matériel adapté sont conseillés en raison de la différence de poids de mille grains des espèces et du réglage du semoir. La féverole exige une profondeur de semis de 5 cm et les autres espèces seulement 2 à 3 cm. 
Autre observation dans cette vitrine, privilégier un mélange avec du sarrasin permet de couvrir le sol rapidement surtout en cas de sécheresse.

« Cette espèce est plutôt conseillée entre deux céréales car elle est difficile à détruire dans le maïs, spécifie Thibaut Berné. Elle a aussi l’avantage d’être mellifère comme la phacélie. Cette dernière restructure bien le sol en surface par son système fasciculé, le radis chinois l’étant plus en profondeur par son système pivotant. »

Un mélange riche de plusieurs espèces peut être valorisé par la fauche ou par le pâturage à condition qu’il présente une certaine valeur alimentaire et que les espèces s’y prêtent (la féverole n’est pas adaptée au pâturage par exemple).
 

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