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Observatoire national des prix et des marges

Prix à la consommation et marges des GMS en repli

En GMS, les « marges nettes » moyennes sont négatives pour les rayons de boucherie et positives pour les produits laitiers. Photo: LVDESIGN/fotolia

Le 4e rapport de l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires a été remis au Parlement le 21 avril dernier. Sous la présidence de Philippe Chalmin, les travaux réalisés par les services de FranceAgriMer renseignent sur le positionnement économique des agriculteurs au sein des filières.

L'année 2014 se caractérise par une baisse des prix agricoles à la production en moyenne de -5%, avec une baisse plus importante de -6% pour les bovins. D'autre part, les prix des produits issus des industries agroalimentaires baissent (-2%), alors que les prix à la consommation diminuent peu : -0,7%, première baisse annuelle observée depuis plusieurs années.

Philippe Chalmin commente :

Les quinze mois qui nous séparent du précédent rapport au Parlement ont été globalement marqués par un repli des prix sur la plupart des marchés agricoles. Celui-ci, inégal à la fois par son ampleur et dans le temps, a particulièrement affecté les viandes, certaines céréales puis, plus récemment, le lait.
En GMS, les « marges nettes » moyennes  sont négatives pour les rayons boucherie et positives pour les produits laitiers. Globalement pour les rayons suivis par l’observatoire, la marge nette de la grande distribution est en repli d’un peu plus de 20% en 2013 par rapport à 2012.

Les rayons "produits laitiers" se maintiennent 

Sur l’ensemble de la période, l’observatoire constate que les charges des éleveurs laitiers sont couvertes par les « recettes laitières » (vente de lait, veaux et vaches de réforme). De 2012 à 2013, les charges ont augmenté. Cependant, les éleveurs ont bénéficié d’une augmentation du prix du lait qui leur a permis d’améliorer leur rémunération (subventions incluses).

En 2014 (données simulées), les tendances opposées du prix à la production et des prix des intrants devraient permettre une nouvelle progression du revenu, comme le prévoient les comptes prévisionnels de l’agriculture (voir graphique) :
 

Cout de production du lait de vache en élévage

  
À la consommation, les évolutions sont assez contrastées par produit : en 2014, le prix moyen du lait UHT au détail en GMS augmente sans toutefois répercuter l’intégralité de la hausse du coût en matière première. En effet, l’industrie et la distribution diminuent leurs marges brutes.

Au contraire, pour les yaourts nature en moyenne, la hausse du coût-matière est totalement absorbée par l’industrie, qui ne vend pas plus cher en 2014 qu’en 2013. La hausse du prix au détail découle donc de la hausse de la marge brute de la distribution, qui restaure en 2014 un niveau qui avait été réduit en 2013.
En 2014, la hausse du coût d’achat de la matière première de ce produit de consommation courante (PGC), est partiellement répercutée au consommateur, industrie et GMS stabilisant leur marges brutes.

Le rayon des produits laitiers, important en chiffre d’affaire comparé à l’ensemble du rayon frais en GMS, présente un taux de marge nette rapportée au chiffre d’affaires (après réaffectation des charges communes), de l’ordre de 2%. Il est positif et supérieur à celui du secteur des GMS tous rayons confondus. Cependant, les marges brute et nette de ce rayon sont en diminution en 2013 par rapport à 2012, dans un contexte de concurrence forte entre enseignes.

Des années difficiles pour les rayons "boucherie"

Selon l’observatoire, le prix des bovins, en baisse en 2014, couvre encore moins les charges que d’habitude. Les aides directes restent nécessaires pour assurer l’équilibre.
 

Cout de production en élevage bovin

Pour les produits carnés, la baisse des prix à la production en 2014 (-6% à -8% selon les produits) s’accompagne d’une hausse modérée des prix au détail (moins de 1%). 

En 2012, l’augmentation du prix des gros bovins entrée abattoir avait été partiellement amortie par l’aval. En 2013, la poursuite de la hausse des prix des bovins est pleinement répercutée par l’aval. En 2014, la baisse des prix des gros bovins entrée abattoir n’est pas transmise par l’aval, qui améliore sa marge brute, tant dans l’industrie, que dans la distribution.

La marge nette des rayons boucherie en GMS est en moyenne négative : inférieure en 2014 à ses niveaux antérieurs.

8 euros sur 100 rémunèrent l'agriculture

Selon les chambres d'agriculture, la baisse des prix agricoles n'est pas proportionnellement répercutée dans les prix que payent les consommateurs. Elles commentent ce nouveau rapport :

Ce rapport illustre les tensions très fortes sur les prix à tous les stades de la chaîne alimentaire. Il confirme que les coûts de production des agriculteurs, lorsqu’on y inclut la rémunération de la main d’œuvre familiale, ne sont pas couverts par les prix, ni même par les prix et les aides dans certaines filières.

De même, la FNSEA souligne ce problème de répercussion des baisses de prix :

Le consommateur paye-t-il le juste prix des produits ? En ces temps de crise, la question est délicate mais néanmoins centrale. La guerre des prix que se livrent les enseignes, met en difficulté les fournisseurs, est destructrice d’emplois et de pouvoir d’achat. Sur 100 euros de consommation alimentaire en 2010, seuls 8 euros rémunèrent l’agriculture et 39 euros le commerce et les services !

À lire aussi :
L'observatoire des prix plaide pour davantage de contractualisation et de dialogue

Rapport 2015 de l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires
 

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