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Semences fourragères

Quatre étapes pour créer une nouvelle variété

Des échantillons sont réalisés à la récolte afin de déterminer la teneur en eau et la valeur alimentaire. Photo : S. Bot/ATC

Les sélectionneurs mettent une douzaine d’années pour créer une nouvelle variété de graminée fourragère. La sélection compte différentes étapes : la pépinière, le clone, le polycross et les essais en parcelle. La station de recherche de Semences de France située dans le Nord nous a ouvert ses portes.

Le Gnis Nord-Est a organisé une réunion sur les fourragères le 17 mai dernier. Laurence Poinsard et Pierre Bourdon, tous deux sélectionneurs chez Semences de France, à la station de recherche située à Beuvry-la-Forêt dans le Nord ont détaillé la création d’une nouvelle variété de graminée fourragère. Il faut compter au moins une douzaine d’années pour créer une variété. Zoom sur les quatre étapes.

 


Les sélectionneurs notent les résistances aux maladies,
les critères agronomiques et la production. Photos : S.Bot/ATC

 

1- La pépinière : 40 000 plantes implantées par an

La première étape de sélection est la pépinière. Les plantes sont semées en serre, en mini-mottes, en hiver, puis elles sont repiquées en avril en plein champ. Elles sont observées pendant deux ans. Les sélectionneurs notent les résistances aux maladies, les critères agronomiques, la production…Sur le site de Semences de France, anciennement Carneau, situé à Beuvry-la-Forêt (Nord), ce sont 40 000 plantes implantées par an en pépinière.

« Au moins 90 % des plantes en pépinière sont éliminées au bout des deux ans pour ne garder que les meilleures », indique Pierre Bourdon.

 

 

 


Les plantes sont clonées avant d’être de nouveau observées
pendant un à deux ans.

2- Les clones entre un à deux ans

Ensuite, les plantes sont clonées avant d’être de nouveau observées pendant un à deux ans. Elles sont notées selon leur précocité, leur résistance aux maladies, leur vigueur…

« 50 % des plantes sont gardées à cette étape », ajoute-t-il.

 

 


Pour éviter la contamination par du pollen extérieur et ainsi
faire barrage, les plantes sont entourées de triticale ou de seigle.

 

3- 200 à 250 polycross entourés de
6 ha de triticale

Ensuite, c’est l’étape des polycross :un certain nombre de plantes sont regroupées ensemble et vont se croiser.

« Pour éviter la contamination par du pollen extérieur et ainsi faire barrage, les plantes sont entourées de triticale ou de seigle », explique Laurence Poinsard.

« Il y a plusieurs répétitions afin d’avoir un brassage du pollen entre les plantes », ajoute Pierre Bourdon.

Les plantes sont repiquées au champ en octobre. Puis chaque parent sera récolté à la main l’été suivant. Dans les variétés actuelles, le nombre de parents varie entre 6 et 15. C’est la seule étape où des semences sont produites. Dans cette station de recherche de Semences de France, 200 à 250 polycross sont implantés tous les ans toutes espèces confondues et 6 hectares de triticale les entourent.

 


Des échantillons sont réalisés afin de déterminer
la teneur en eau et la valeur alimentaire.

 

4- Essais en parcelle : choisir les meilleures descendances

Ensuite, des essais en parcelle sont effectués avec cette semence, sur trois répétitions et pendant trois ans. Des échantillons sont réalisés afin de déterminer la teneur en eau et la valeur alimentaire (la digestibilité, la teneur en protéines et la teneur en sucre soluble).

« À la fin des trois années, nous choisissons les meilleures descendances », précise Pierre Bourdon.

Pour en savoir plus, retrouvez notre dossier spécial variétés fourragères dans le numéro 709 de juillet-août de Cultivar Élevage.

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