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Covid-19

Le marché du veau fait grise mine

En France comme aux Pays-Bas, le marché du veau n'est pas à la fête. CP : L.Page/Cniel

Après plus d’un mois de confinement lié à l'épidémie de coronavirus, l’Idele fait le point sur la conjoncture bovine, et notamment sur le marché des veaux de boucherie.

Depuis le début du confinement et la fermeture de la restauration hors domicile – RHD – qui valorise une grande partie des volumes produits en France, une chute importante du cours des veaux s'est opérée.

Le veau rosé clair R s'en sort mieux

L’Idele observe que les veaux les moins conformés sont les plus exposés, car ce sont ces derniers qui s’orientent le plus vers la RHD.

« La cotation du veau rosé clair O élevé en atelier s’est effondrée, elle est passée sous les niveaux déjà très bas de l’an dernier, explique Lina-May Ramony, chef de projet conjoncture viande bovine à l’Idele. Nous avons atteint 5,03 € /kgéc le en semaine 16, soit 4 % de moins par rapport à 2019 et 14 % de moins par rapport à 2018. »

Les veaux mieux conformés, quant à eux, traditionnellement orientés vers la boucherie et la GMS, s’en sortent mieux grâce à la croissance de consommation au rayon boucherie. En semaine 16, le veau rosé clair R côtait à 5,93 €/kgéc, soit 3 % de plus par rapport à 2019 et 7 % de moins par rapport à 2018. « Ces niveaux restent très bas. Nous sommes toutefois légèrement au-dessus de l’année passée qui était une année de crise », rappelle la chef de projet.
À noter également, les cours de la poudre de lactosérum sont en baisse mais commencent à se stabiliser. Cette dernière entre dans la composition des aliments des veaux. Ces cours en chute restent une bonne nouvelle dans la crise pour les opérateurs du système. 

Une production plus faible

Concernant la production, d’après les opérateurs, les abattages ont été retardés fin mars.

« En effet, les opérateurs et les premières remontées de Normabev montrent qu’en semaine 13, il y a eu un coup d’arrêt brutal des abattages, indique Lina-May Ramony. Cette forte baisse s’est poursuivie de façon moins marquée en semaines 14 et 15. En semaine 16, le bilan est mitigé : nous avons eu un jour ouvré de moins (avec le lundi de Pâques), et le repli est limité de 4,5 % par rapport à la semaine 17 de l’an passé. »

Des animaux plus vieux et plus lourds

Côté conformation des animaux, depuis le début de l’année, les chiffres indiquent que les poids et les âges sont plus élevés que ceux de l’an passé. Rappelons que l'année 2019 a été marquée par la crise, générant des retards de sortie et donc de l’alourdissement et le vieillissement des animaux. 

« Depuis le début de l’année, nous étions sur les mêmes types d’animaux que l’année dernière en moyenne à l’abattage, expose la chef de projet. Nous avons pu entendre que depuis le ralentissement fort des abattages en semaine 12, il y a un vieillissement et un alourdissement des veaux qui serait plus marqué mais nous ne le voyons encore pas sur ces données-là. Néanmoins, les intégrateurs doivent donc adapter les plans d’alimentation des veaux que mettent en œuvre les éleveurs. »

Communiquer sur le veau français

Afin de donner un nouveau souffle à la filière, Interbev veau a mené une campagne de communication afin de favoriser la consommation de veaux. Une action à la radio ainsi que sur divers canaux digitaux et en magasins a donc été mise en place.
Les professionnels ont également fait remonter des demandes de soutien public en France et en Europe.

« La Commission européenne a annoncé hier des mesures d’aide pour les filières de la viande. Toutefois, ces dernières, notamment celles de stockage privé qui étaient dans le viseur des professionnels du veau, ne concernent pas les animaux âgés de moins de huit mois. », commente Lina-May Ramony.

Cotation suspendue pour les veaux nourrissons

Sur le marché du veau nourrisson, la logistique se tient malgré la fermeture de la grande partie des marchés aux bestiaux, et ce même en semaine 16. 
Malheureusement, les débouchés français sont fortement réduits avec la mise en place de veaux pour la production de veaux de boucherie qui est fortement ralentie du fait d’une demande en berne, d’un report incomplet de la RHD vers la consommation à domicile, de l’effondrement des prix et des retards de sortie.

«  Nous observons également que l’engraissement des JB laitiers est en très forte baisse structurelle, note la chef de projet. Cette diminution s’est accélérée dès le début de l'année. En effet, entre janvier et mars 2020, il y a eu une baisse de 9 % des abattages de JB laitiers par rapport à 2019. »

De plus, le marché espagnol, qui absorbe 14 à 15 % en moyenne des volumes de veaux à travers l’export, a vu sa demande se réduire drastiquement. Le cours du veau holstein a été particulièrement touché, ce marché étant fortement déprimé. 
Enfin, la cotation du veau français mâle type lait 45-50 kg est suspendu depuis la semaine 14, faute d’effectif. Cette situation illustre parfaitement l’état du marché actuel. 

Même problème aux Pays-Bas

À l’international, les éleveurs rencontrent les mêmes difficultés qu’en France. Aux Pays-Bas, le marché des veaux de boucherie est orienté à l’export, 95 % des volumes produits étant exportés habituellement. De ce fait, dès la semaine 11 (début du confinement en Italie, fermeture de la RHD en Italie, en France, et en Allemagne), le secteur a été durement impacté.
« Cette situation s’illustre par l’effondrement de la cotation du veau de boucherie pie noir néerlandais qui était à 3,95 €/kgéc en semaine 16, soit 55 cts et 12 % en dessous du niveau de 2019, chiffre la chef de projet. Par ailleurs, les experts néerlandais estiment qu’avec les fermetures des principaux débouchés, il y a eu une réduction de plus de la moitié des abattages à partir de la semaine 11. Ils espèrent que la situation s’améliore dans les prochaines semaines. La congélation et le stockage seront sans doute nécessaires, même si ces derniers réduisent  la rentabilité de la production. »
Toujours aux Pays-Bas, le marché du veau rosé un peu plus âgé est plus durement touché que le marché du veau laitier. Cependant, un léger espoir est permis grâce aux mesures de stockage annoncées par la Commission européenne. En effet, si ces animaux dépassent les huit mois, ils pourront peut-être bénéficier de ces aides. 

Retrouvez la synthèse globale du marché de la viande "gros bovins" juste ici : Confinement : comment se porte le marché de la viande ? 

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