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Mammites : focus sur un multirécidiviste

Publié le 19/10/2020 par Claire LAMY GRANDIDIER dans
Mammites : focus sur un multirécidiviste. ©A.Coronel/TerroirEst

Si la prévalence des mammites subcliniques diminue régulièrement dans les élevages laitiers, une bactérie fait de la résistance : Streptococcus uberis, capable de persister dans l’environnement comme dans la mamelle et d’impacter négativement le critère de numération cellulaire. 

Escherichia coli, Staphylococcus aureus et Streptococcus uberis sont les principaux pathogènes responsables de mammites en élevage laitier. Et le dernier de ce trio est sans doute à la fois le plus fréquemment rencontré et le plus difficile à contrôler, car cette bactérie est omniprésente dans l’environnement et contagieuse, pouvant passer d’un quartier à un autre aussi bien que d’une vache à une autre. Elle peut, selon les cas de figure, causer des mammites cliniques, aiguës ou chroniques, modérées à sévères. Les travaux de l’Institut de l’élevage sur ce thème au cours de la dernière décennie, notamment ceux menés par Philippe Roussel de l’UMT Maîtrise de la santé des troupeaux bovins, ont permis de mettre en évidence la diversité génétique de cette bactérie, en s’appuyant sur les techniques de génotypage.

« Ces études confirment que les modèles épidémiologiques environnemental et mixte, c’est-à-dire à la fois environnemental et contagieux, prédominent. L’accroissement du nombre de génomes séquencés devrait permettre de mieux apprécier la diversité des souches de Streptococcus uberis, et d’ouvrir de nouveaux champs de recherche pour maîtriser ce pathogène. » 

25 % des matières fécales positives à la bactérie

Streptococcus uberis se propage principalement par le système digestif des vaches qui se lèchent et se toilettent : 50 % des prélèvements d’épiderme en contiennent ! 25 % des matières fécales sont mesurées positives à la bactérie. La litière ainsi que les logettes sont donc largement contaminées, et la prolifération du germe est favorisée par l’utilisation de matières organiques telles que la paille ou la sciure de bois. L’omniprésence de cette bactérie dans l’environnement de la vache laitière entraîne forcément sa rencontre avec les trayons et leurs extrémités, entraînant le risque d’une infection intramammaire. 

Le pathogène problématique par excellence

Si Streptococcus uberis suscite autant d’intérêt de la part des chercheurs, c’est qu’il occupe une place à part parmi les responsables de mammites. Outre sa fréquence (sa part de responsabilité est estimée entre 30% et 40%), c’est aussi la bête noire des vétérinaires et des éleveurs, à cause du problème des rechutes. La vache atteinte semble rétablie, mais quelques jours après que son lait a été réintroduit dans le tank, la mammite refait son apparition et le taux cellulaire explose ! Et tandis que la plupart des infections de la glande mammaire se résorbent pendant la phase de tarissement, cette période est au contraire à risque pour les nouvelles infections à streptocoques. Enfin, les restrictions d’usage des antibiotiques en élevage, face au risque d’antibiorésistance, obligent à trouver des stratégies alternatives aux traitements systématiques au tarissement.

Retrouvez l'article en intégralité dans Cultivar Élevage d'octobre n°729 : 

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