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Viande bovine

Améliorer la finition des mâles bio

Les carcasses bio sont souvent plus légères, plus souvent maigres et de conformation inférieure. Des travaux doivent être menés pour améliorer la finition des animaux dans la filière bio. ©Rob Steward/Adobe Stock

La production de viande bio a été très dynamique entre 2010 et 2018, selon une étude de l’Institut de l’élevage, « et a probablement encore progressé depuis », note Eva Groshens, responsable de projet à l’Idele. Mais beaucoup de veaux, laitiers ou allaitants, quittent la filière bio pour le circuit conventionnel.

L’Institut de l’élevage s’est intéressé à la croissance des cheptels bovins bio : entre 2010 et 2018 le cheptel bio allaitant est passé de 58 000 vaches allaitantes à 163 000, et le cheptel laitier bio a été multiplié par trois, passant de 65 000 vaches laitières à 196 000.

Quel devenir pour les veaux bio ?

« Une bonne partie des veaux nés dans un cheptel bio part vers les circuits conventionnels », observe Eva Grohens, de l’Institut de l’élevage.

Du côté du cheptel laitier, les trois quarts des mâles quittent la filière bio pour être vendus en maigre et 8 % sont exportés. Du côté de l’élevage bio allaitant 39 % des mâles sont valorisés en maigre en conventionnel et 20 % commercialisés à l’étranger.

« 142 000 bovins maigres ont quitté les cheptels bio français en 2018, soit davantage que la production totale abattue la même année (129 000 têtes) », ajoute Eva Groshens.

Des carcasses plus légères en bio

L’étude a, par ailleurs, permis de mettre en évidence différentes tendances :
- les croisements de race sont beaucoup plus fréquents en bio, et en particulier les croisements laitiers sont en forte progression entre 2010 et 2018 (+ 14 points) ;
- les réformes bio sont plus légères. « Les poids sont en retrait de 20 à 40 kg par rapport aux carcasses conventionnelles », indique Eva Groshens. La conformation et l’engraissement restent en retrait par rapport à la production conventionnelle ;
- les veaux bio sont abattus plus âgés avec un poids globalement comparable au conventionnel. Une proportion élevée de veaux P1 et O1, « qui sont susceptibles de poser des problèmes de valorisation », pointe Eva Groshens.

S’adapter aux potentialités fourragères

L’étude met en avant les besoins en travaux de recherche et développement en viande bovine bio.

« Il y a notamment besoin de travailler sur la finition, appuie Catherine Experton, responsable de la commission élevage à l’Itab. Nous avons besoin de références techniques sur la finition des animaux à base d’herbe. Les fourrages grossiers doivent être un élément important de la ration. Les concentrés peuvent être chers en bio. Il faut travailler sur l’autonomie fourragère. »

Catherine Experton pointe aussi le besoin de références sur la qualité des carcasses, le bien-être animal, les conditions d’abattage... Un projet Casdar PROVerBIAL (Produire de la viande bio qui valorise les territoires avec le troupeau bovin allaitant) va débuter en 2021.

« L’enjeu est de développer la production de mâles finis très jeunes (rosés ou bouvillons), avec des tests d’acceptabilité sur le segment de la restauration collective », indique Catherine Experton.

L’objectif est de proposer des itinéraires techniques de production de mâles en cohérence avec les potentialités fourragères et qui soient pertinents sur les plans économique et environnemental. Le projet permettra aussi de fournir références sur la qualité de carcasses.
Les expérimentations sont menées en partenariat avec la Ferme expérimentale de Thorigné-d’Anjou, la ferme de l’Eplefpa de Tulles-Naves, la ferme expérimentale des Bordes et l’Inrae, dans des contextes fourragers diversifiés.

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