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Pyrale du maïs

La lutte commence à la récolte

On observe cette année une progression des dégâts causés par la pyrale, aussi bien en maïs grain, que, fait plus nouveau, sur le maïs fourrage. Broyer les résidus de maïs grain pour atténuer la pression parasitaire en 2019 est impératif. Sur les parcelles de maïs fourrage très infestées, un dessouchage et une incorporation des chaumes sont également recommandés car des larves peuvent encore être présentes à la base des tiges. Voici les recommandations d'Arvalis-Institut du Végétal.

Depuis quelques campagnes, et particulièrement cette année, les dégâts causés par la pyrale sont en progression vers le Nord et l’Ouest de la France. Dans certains secteurs, les cultures de maïs fourrage, jusqu’ici peu concernées, présentent des niveaux d’attaques élevés.

Pour limiter l’extension de ce ravageur, le premier levier à mettre en œuvre est agronomique. Une bonne gestion des résidus de culture de maïs grain par un broyage fin puis une incorporation, permettra de limiter les populations de larves capables d’infester les maïs au printemps prochain.

Observer les dégâts, estimer la pression

Les larves de pyrale hivernent dans les cannes de maïs, avant de se transformer en chrysalide, puis en papillon au printemps. Protégées dans les tiges, elles ne craignent pas les températures froides de l’hiver.

Protégées dans les tiges, les larves passent bien l’hiver (photo mars 2017). Photo : DR
Protégées dans les tiges, les larves passent bien l’hiver (photo mars 2017). Photo : DR



Les observations réalisées avant la récolte constituent l’indicateur principal pour estimer la pression parasitaire et pour décider d’une éventuelle protection sur ses parcelles de maïs l’année suivante. Le taux de plantes présentant des dégâts extérieurs visibles est un premier indicateur. Le nombre de larves par plante est un autre indicateur, plus difficile à mesurer, mais plus précis.

Sur maïs grain, on estime qu’une larve par plante fait chuter le rendement de 7% en moyenne, sur maïs fourrage des essais sont en cours pour chiffrer cette relation. À la perte de rendement, il faut ajouter le risque de dégradation de la qualité sanitaire. Les perforations des larves de pyrale constituent en effet une porte d’entrée aux champignons de type fusarium qui peuvent générer des mycotoxines préjudiciables aussi bien en récolte grain qu’en récolte fourrage.

Broyage et incorporation des cannes

Après maïs grain, quel que soit le niveau d’attaque observé sur la culture, le broyage des tiges aussitôt après la récolte est une mesure prophylactique indispensable pour lutter contre l’extension de la pyrale. Cette opération détruit des larves et en expose d’autres au froid hivernal, aux prédateurs et aux parasites. Sur les parcelles de maïs fourrage très infestées, un dessouchage et une incorporation des chaumes sont également recommandés car des larves peuvent encore être présentes à la base des tiges.

On cherchera à réaliser un broyage le plus fin et le plus bas possible pour atteindre toutes les larves. Un broyeur tracté à axe horizontal est le matériel qui réalise le meilleur travail, mais il reprend mal les tiges écrasées à la récolte. Le broyage sous les becs de la moissonneuse peut être un compromis intéressant et peu coûteux. Cependant cette technique ne permet pas un broyage très fin et très bas et peut s’avérer insuffisante, dans les situations les plus à risque.
L’enfouissement des résidus dans la couche superficielle complètera l’efficacité en améliorant la dégradation des résidus. Cette opération est possible même en absence de labour, à condition toutefois de travailler à une profondeur suffisante, au moins 10-15 cm.

Des bénéfices agronomiques

Au-delà de la lutte contre les pyrales, le broyage fin et l’incorporation des cannes de maïs grain apportent des bénéfices agronomiques très intéressants : réduction du risque mycotoxines sur le maïs suivant en favorisant la décomposition des résidus, support de conservation des fusarioses (F. graminearum et F. verticillioides), limitation du développement des maladies foliaires (helminthosporiose fusiforme et kabatiellose) dont les spores se conservent sur les résidus, facilité d’implantation de la culture suivante, avec des résidus moins gênants, réduction des fuites d’azote, en piégeant de l’ordre de 20 à 30 kg d’azote minéral.

 
 
 

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