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Débat

« Le bien-être animal ça s’accompagne »

Publié le 28/10/2020 par Hélène Flamant
Lors du colloque organisé le 22 octobre 2020 par la Fondation Droit Animal, Julien Denormandie a salué la volonté collégiale d'avancer sur les questions de bien-être animal, "même s'il y a des différends sur la façon de faire". ©L.Page/Cniel

Le 22 octobre, la Fondation Droit Animal a donné la parole aux scientifiques, transformateurs, distributeurs, mais aussi à la profession agricole sur le sujet sensible du bien-être animal. Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Julien Denormandie, a appelé à avoir un débat apaisé.

« Il y a beaucoup de passion dans les débats autour du bien-être animal (BEA). Il faut de l’empathie, mais il faut aussi de la science », a introduit Michel Baussier, Dr vétérinaire et président d’honneur du Conseil national de l’ordre des vétérinaires.

La parole a justement été donnée aux scientifiques durant la journée. Le sujet mobilise l’Inrae depuis de nombreuses années. Une expertise collective « Douleurs animales » a été réalisée en 2009.
Alain Boissy, directeur centre national de référence sur le BEA de l’Inrae, a rappelé la définition du BEA telle que décrite par l’Anses en 2018 :

« Le bien-être animal est l’état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que ses attentes. Cet état varie en fonction de la perception de la situation par l’animal. »

Une préoccupation à tous les niveaux

Le BEA mobilise également les industriels et la distribution. Carrefour observe une demande croissante de la part des clients mais aussi des actionnaires et des salariés sur cette question.

« C’est un sujet très complexe qui touche à la fois l’antibiorésistance, le transport, l’alimentation, le sanitaire... Nous adaptons les plans de progrès aux différentes filières », explique Séverine Fontaine, directrice qualité filières animales chez Carrefour.

Pour Séverine Fontaine, « assurer le BEA est rentable et il est aujourd’hui obligatoire de prendre en charge ce sujet-là pour répondre aux attentes des consommateurs ».

"La notion de BEA entre de plus en plus en compte dans les critères d’achat. Mais le prix reste un élément important pour une partie des concitoyens", pointe Hervé Guyomard, chercheur à l’Inrae et président du LIT Ouesterel.

Le chercheur soulève la question de la subvention de l’alimentation.

« Aux États-Unis, il existe des aides à la consommation sous forme de coupons. Mais cela suppose qu’on revoit la manière dont on intervient sur la PAC pour soutenir à la fois l’agriculture et l’alimentation. »

Séverine Fontaine estime que c’est aussi une question d’éducation du consommateur. « En modifiant la composition du panier, il est possible de subvenir aux besoins du consommateur sans hausse du coût du panier. »

Accompagner les surcoûts

« Les filières agricoles sont engagées en faveur d’une amélioration des pratiques d’élevage, toutes filières confondues », rappelle Christiane Lambert, président de la FNSEA.

Des démarches existent déjà depuis plusieurs années, notamment la charte des bonnes pratiques d’élevage dont a première version est sortie en 1999. Le BEA fait partie intégrante de la charte des bonnes pratiques d’élevage. Mais aussi des plans de filière issus des États généraux de l’alimentation.

« Les éleveurs ont à cœur le bien-être de leurs animaux. C’est une évidence qu’il faut rappeler.
Le citoyen veut plus de BEA, nous l’entendons. Mais ça coûte plus cher. Il faut pouvoir accompagner ces surcoûts », estime Christiane Lambert.

Le plan de relance prévoit notamment une enveloppe pour les abattoirs et une pour les bâtiments d’élevage.

« Une transition ça a un coût. On doit l’accompagner. Mais l’État ne peut pas tout prendre en charge sur cette question du coût. Plus vite on améliore la rémunération de l’éleveur, plus vite on augmente la capacité d’investissement des éleveurs, plus vite on améliore le BEA. Le premier à vouloir le BEA, c’est l’éleveur », appuie Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation.

« Nous sommes face à un sujet d’une extrême complexité. Il faut faire attention à ce qu’il ne soit pas traité uniquement sous le sceau de l’émotion mais aussi de la raison. Que vous soyez éleveurs, association, parlementaire... il y a une volonté collégiale d’avancer sur le sujet, même s’il y a des différends sur la façon de faire. La maltraitance ça se combat, le BEA ça s’accompagne, mais pas avec des injonctions », a conclu Julien Denormandie.

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