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Filière laitière

L’Europe du Nord en avance sur le lait bio

Les filières laitières biologiques de l'Allemagne, du Danemark, de l'Autriche et du Royaume-Uni se sont développées plus précocement et plus rapidement qu'en France.

Face au lait biologique, tous les pays européens ne sont pas égaux. En effet, en Europe du Nord, l’Allemagne, le Danemark, l’Autriche et le Royaume-Uni ont vu leur filière laitière bio se développer plus précocement et plus rapidement qu’en France. L'Institut de l'Elevage dresse, dans un dossier consacré, le panorama de la filière laitière bio en Europe.
 
Près de 880 000 vaches laitières étaient certifiées bio dans l’UE en 2016 (+ 3 % par rapport à 2015), ce qui représente 4 % du cheptel total. Les part de lait biologique dans la collecte nationale sont très disparate d’un pays à l’autre : les plus élevés en Autriche (17 % en 2016), en Suède (13 %) et au Danemark (9 %), et les plus faibles (entre 1 % et 3 %) au Pays-Bas, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni ou encore en Italie. 

Médaille d’or pour l’Allemagne

L’Allemagne est le premier producteur de lait biologique en Europe. Elle confirme sa première place avec une augmentation de la collecte d’au moins 30 % prévue entre 2016 et 2018. Ces volumes supplémentaires devraient être facilement absorbés sur le marché intérieur au détriment des importations danoises et autrichiennes, mais également sur le marché export grâce à une demande chinoise croissante. 
Coté rémunération, la totalité des laiteries applique des prix du lait biologique spécifique. Les producteurs ont ainsi reçu 24 cts/kg de plus que les producteurs de lait conventionnel à l’été 2016, au plus fort de la crise laitière. En 2018, le prix du lait biologique devrait rester stable autour de 49 cts/kg. 

Le lait bio payé 506 € / 1000 l au Danemark

Au Danemark, le secteur laitier biologique s’unifie pour se tourner vers l’export. En effet, après plusieurs années de stagnation de la collecte de lait biologique, le secteur laitier danois connaît une nouvelle vague de conversions depuis trois ans. À noter que l’implantation de l’opérateur Arla Foods joue un rôle déterminant dans le développement de la production biologique. Les volumes supplémentaires permettront d’alimenter le marché de l’export qui absorbe déjà la moitié de la production danoise de lait bio. Seule ombre au tableau, le besoin croissant de céréales biologiques qui pourraient rapidement faire défaut. 
Côté prix, la rémunération moyenne du lait bio suit dans une grande mesure ceux qu’Arla Foods paye à ses livreurs. L’écart par rapport au prix du lait conventionnel était fixe jusqu’en 2014. L’opérateur a annoncé la déconnexion des deux prix en juin 2017. Dans l’avenir, le prix du lait biologique devrait se maintenir stable autour de 506 €/ 1000 l. 

Autriche : du lait bio payé deux fois plus cher 

L’Autriche incarne l’idéal des système « bio » : basés sur une agriculture traditionnelle de montagne avec des exploitation de petite taille. C’est dans ce pays que la part de lait biologique est la plus élevée. 
Jusqu’en 2014, l’écart entre le prix du lait biologique et celui du lait conventionnel était relativement stable à 62 € / 1000 l, les producteurs étant payés en moyenne aux alentours de 475 € / 1000 l. Ensuite, cet écart s’est creusé avec la forte chute du prix du lait conventionnel jusqu’à doubler en 2016 à 132 € / 1000 l. En 2018, les éleveurs s’attendent à une rémunération moyenne de 480 € / 1 000 l.
À savoir qu’en Autriche, les laiteries paient mieux les plus gros livreurs de lait bio, considérés comme essentiels pour le développement de la filière, avec des primes corrélées aux volumes livrés par les exploitations.

Brexit et marché de l’export

Après avoir été précurseur en matière de développement de la production laitière bio, le Royaume-Uni a traversé un trou d’air : en chute libre depuis 2014, la production de lait bio repart à la hausse avec pour débouché le marché export. Le Brexit incite les acteurs à mettre en place des partenariats privés internationaux afin d’assurer le développement du secteur dans un contexte incertain pour la politique agricole du pays. 
Côté rémunération, les prix du lié bio et conventionnel ont connu une déconnexion en 2015 avec le maintien du prix du lait biologique entre 36 et 39 pence par litre soit entre 41 et 45 cts par litre. En 2016, l’écart moyen entre le prix du lait bio et celui du conventionnel était de 1,66 € par litre. 

Des modes de collecte différents

Concernant la collecte, elle est très concentrée au Danemark et au Royaume-Uni. Dans ces deux pays, un seul opérateur totalise les deux tiers de la collecte de lait biologique du pays : Arla Foods au Danemark et OMSCo au Royaume-Uni. En revanche, en Allemagne, le lait biologique est collecté par une quarantaine de laiteries, la moitié de la collecte étant assurée par cinq opérateur différents. Par ailleurs, en Autriche, la totalité des 85 laiteries du pays possède désormais une activité dédiée au lait biologique. 

Lait bio et marchés

Quel avenir pour le lait bio français ? Alors que le bio quitte peu à peu son statut de marché de niche, les échanges de lait "bio" seront certainement amenés à s’intensifier au courant des prochaines années. Le secteur français devra alors trouver sa place au sein du marché biologique européen, sans négliger la position offensive des laiteries étrangères sur les marchés intra et hors UE : les entreprises danoises, autrichiennes et britanniques sont constamment à l’affût de nouveaux débouchés et explorent de nouveaux marchés, en premier lieu en Chine mais aussi en Amérique du Nord et au Moyen-Orient. 

 

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