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Engraissement des jeunes bovins

Neobif teste de nouvelles conduites alimentaires

L'allègement des carcasses est sans incidence sur la qualité des carcasses et des viandes. Photo : H.Grare/Pixel Image

La rémunération des quelque 90 000 éleveurs allaitants français est dépendante des prix du maigre et du gras mais aussi des coûts alimentaires, qui n’ont cessé d’augmenter depuis dix ans. Entre 2012 et 2015, les partenaires du projet Casdar "Neobif" ont testé des alternatives aux conduites alimentaires « traditionnelles ». Les principaux résultats ont été dévoilés le 3 décembre à l’occasion des journées 3R.

L'objectif du projet Casdar Neobif était de définir de nouveaux modes de production de viande bovine à partir des mâles allaitants, privilégiant l’autonomie alimentaire et offrant plus de rémunération aux éleveurs avec des rations moins coûteuses.

Différentes conduites ont été testées, parmi lesquelles l'utilisation de légumineuses fourragères, luzerne ou trèfle violet, en remplacement des tourteaux de soja, et l'utilisation d’herbe dans les rations comme complémentaire protéique ou comme fourrage de base.

Performances moindres à l’herbe

La ferme expérimentale des Etablières a étudié l’engraissement de JB charolais avec de l’ensilage d’herbe. Une ration herbe a été comparée à une ration mixte et une ration maïs. Dans une première série d’essai, la complémentation était constituée de triticale et de soja.

Performances en engraissement

  Maïs Herbe Mixte
Effectifs 13 13 24
Poids au début de l'engraissement (kg) 436 411 428
Durée de l'engraissement (j) 225 275 242
Poids vif abattage (kg) 748 751 753
GMQ Engraissement (g/j) 1393 1241 1355
Indice de consommation (kg MS/kg gain) 8,1 8,6 8,0

Source : Ferme expérimentale des Etablières

Sophie Valance de la CDA de Vendée observe :

Les consommations sont un peu inférieures avec la ration herbe. Conséquence : le GMQ est inférieur et la durée d’engraissement prolongée.

À l’abattage, les JB nourris à l’herbe étaient plus maigres. Aucune différence n’a, en revanche, été observée sur le rendement et la conformation. La qualité visuelle de la viande équivalente et au niveau qualité gustative, le profil en acides gras est plus favorable pour la ration herbe et la viande est plus tendre.

Dans la seconde série d’essai, la ration herbe a été complémentée avec du pois et les rations mixtes avec un mélange triticale-pois et du soja. Les tendances observées sont similaires au premier essai, autant sur les performances animales que les résultats d'abattage.

Intérêt limité de l'allègement des carcasses en système naisseur-engraisseur

Produire des JB à moindre coût, certes. Mais il ne faut pas oublier de prendre en compte les besoins de la filière. À l’export, les débouchés traditionnels (Italie et Grèce) sont aujourd’hui incertains.

Le marché français est jugé comme une alternative intéressante, mais pour que la viande mâle allaitant trouve preneur sur le marché français, les éleveurs doivent produire une carcasse de gamme de poids 360-400 kg et une viande tendre, qui présente bien visuellement, qui soit ni trop rouge, ni trop claire avec des gras plutôt blancs.

Pour répondre aux attentes du marché national, les partenaires du projet Casdar « Neobif » ont étudié l’impact de l’allègement des carcasses.

Quatre séries d’essais ont été réalisées, deux sur des JB limousins à Mauron et deux sur des JB charolais aux Etablières. Les JB limousins ont reçu un régime à base de blé et de trèfle violet, les JB charolais ont été engraissés à partir d’ensilage d’herbe. Que l’on soit en limousin ou en charolais, l’allègement des carcasses est sans incidence sur la qualité des carcasses (conformation, état d’engraissement), et la qualité des viandes (couleur, persillé, marbré).

Didier Bastien de l'Institut de l'élevage souligne :

Au niveau économique, l’allègement des carcasses est plus favorable à l’engraisseur du fait de la rotation plus rapide des animaux. L’intérêt est plus limité pour le naisseur-engraisseur. L’allègement des carcasses et d’autant plus intéressant économiquement que le prix des céréales est élevé.

Philippe Dimon de l'Institut de l'élevage appuie :

La filière viande a les clés en mains pour inciter les éleveurs à aller vers l’allègement ou l’alourdissement des carcasses.

Le maïs ensilage à l'étude

Le projet Casdar Neobif est désormais terminé. Mais les travaux se poursuivent. La ferme des Etablières teste, l’ensilage d’herbe comme complément protéique des rations maïs ensilage, avec une qualité de l’ensilage d’herbe améliorée. La station travaille également sur la forme d’apport de la luzerne. La station expérimentale de Mauron a entrepris de nouveaux essais avec des rations à base de maïs ensilage. Les deux fermes étudient, en parallèle, la finition des femelles.

D’autres essais sont menés dans le cadre du projet Casdar « EFFI-J » sur l’efficacité alimentaire des JB charolais. Les fermes de Mauron, des Etablières, de Jalogny et de Theix étudient l’engraissement des JB à partir de rations à base d’ensilage d’herbe et des concentrés cellulosiques.

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