La référence technique au service des éleveurs

Pasquier VGT'al

Investir dans un toasteur pour des protéines locales

Les graines sont montées à 285 °C durant trois minutes, permettant une augmentation de leur valeur nutritionnelle. Photo : ©Olivier Leveque/Pixel6TM

En 2016, le négoce Pasquier VGT’al, basé dans les Deux-Sèvres (15 millions d’euros de chiffre d’affaires, 25 salariés) et détenu par Christophe et Fabienne Pasquier, a choisi d’investir dans un toasteur pour les graines de soja, de lupin ou de féverole.

La fabrication d’aliments pour les animaux d’élevage représente 70 % de notre chiffre d’affaires, complété par de l’activité appro-collecte, explique le gérant.

Pour remplacer les protéines issues des tourteaux de soja OGM d’Amérique utilisées dans l’alimentation animale, nous avons cherché depuis longtemps à accompagner une production plus locale de protéines. Nous avons ainsi soutenu le lupin, avec une grosse récolte en 2015 avec 1200 t, et, désormais, nous soutenons la culture de féverole et surtout de soja, avec de nombreux intérêts agronomiques dans les rotations.

Mais les protéagineux sont mal valorisés en l’état en alimentation animale. D’où le choix d’investir dans le toastage, pour cuire les graines et les rendre plus digestes par les animaux.

Après diverses visites et échanges sur le sujet, notamment via le Naca, l’entreprise choisit un toasteur italien, pour 200 000 euros tout compris, installé dans le site de production d’aliments de Secondigny. Les graines sont montées à 285 °C durant trois minutes, permettant une augmentation de leur valeur nutritionnelle.

Nous faisons du toastage en prestation pour des agriculteurs, afin qu’ils récupèrent leurs graines seules ou mélangées à d’autres ingrédients, et nous réalisons aussi le toastage pour nos propres aliments, vendus ensuite à nos clients. Nous avons la certification bio, mais cela implique une demi-journée de nettoyage du toasteur.

Jusqu'à 5 000 t/an

Si 1 000 t de graines ont été toastées en 2016, la productivité est montée depuis à 3 000 t/an. « Au-delà de 5 000 t/an, il faudra penser à investir dans un nouvel équipement… », reconnaît Christophe Pasquier. Le soja provient à 80 % du Sud-Ouest, faute de production suffisante sur les Deux-Sèvres même si la génétique évolue pour proposer des semences mieux adaptées au secteur.

Grâce à cet investissement, le négoce peut fournir à ses clients éleveurs de bovins viande et lait, mais aussi désormais monogastriques (volailles, canards, porcs) une alimentation « de qualité, 100% française, sans OGM et sans huile de palme », se réjouit le gérant.

Les éleveurs sont de plus en plus demandeurs ! Pour eux, je dirais qu’il n’y a pas de surcoût, grâce à une alimentation tracée avec une qualité accrue. Mais les surfaces de soja ne sont pas suffisantes pour le moment, et le marché n’est pas totalement créé en France. Pour les fabricants d’aliments du bétail, le développement du soja français permettra de sécuriser des approvisionnements toute l’année, pour des formulations d’aliments stables et locales.

Depuis l’achat du toasteur chez Pasquier VGT’al, des entreprises de l’agro-industrie ont montré leur intérêt pour les aspects diététiques et santé des graines toastées. 

«La chaleur tue les germes, et le toastage permet un produit très sec, non OGM, voire bio », précise Christophe Pasquier, évoquant un nouveau projet de chaîne de production de graines toastées dédiée à l’agro-industrie.

Olivier Lévèque

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