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Maïs fourrage

Réussir le désherbage pour maîtriser le rendement

La concurrence des adventices s’exerce précocement sur la culture de maïs, dès le semis et jusqu’à ce que la végétation recouvre l’inter-rang, c’est-à-dire vers douze feuilles. Dans ces conditions, une lutte précoce est vivement recommandée, pour conserver tout le potentiel de la parcelle. Photo : H. Grare/Pixel image

Un désherbage maïs bien réalisé permet de limiter l’impact nuisible des mauvaises herbes et de conserver le potentiel de la culture en rendement et en qualité. Il limite de plus le risque de réenherbement de la parcelle et l’enrichissement du stock grainier d’adventices pour les cultures suivantes et les parcelles voisines.  
Bertrand Carpentier, expert du maïs fourrage chez Arvalis-Institut du végétal souligne :

Le niveau de rendement et l’enherbement de la parcelle lors des cultures suivantes sont des enjeux fondamentaux pour la réussite du maïs fourrage. Les éleveurs doivent définir précocement leur stratégie de désherbage et ne pas exclure une seconde intervention si nécessaire. 

 
L’efficacité du désherbage dépend de plusieurs facteurs : la flore adventice (espèces et stades), le bon choix des herbicides (mode d’action et spectre d’efficacité), les conditions climatiques et le stade de développement du maïs lors de l’application.
 

Un désherbage mal maîtrisé : 15 % de fourrage en moins

La concurrence des adventices s’exerce précocement sur la culture de maïs, dès le semis et jusqu’à ce que la végétation recouvre l’inter-rang, c’est-à-dire vers douze feuilles. Dans ces conditions, une lutte précoce est vivement recommandée, pour conserver tout le potentiel de la parcelle.
Les essais menés par Arvalis-Institut du végétal sur le maïs fourrage montrent qu’une densité de 20 chénopodes par m2 peut réduire de 15 % le tonnage de matière sèche. À ce résultat s’ajoute le fait que certaines adventices rendent le fourrage impropre à la consommation par les animaux, du fait de leur toxicité (mercuriale, datura, etc.).
 

Deux passages herbicides pour une efficacité renforcée

Plus l’intervention herbicide est tardive, plus l’impact des adventices viendra contrarier le rendement. Bertrand Carpentier ajoute :
 

Et c’est d’autant plus vrai qu’avec la précocification des dates de semis, le maïs couvre le sol moins rapidement, ce qui allonge la période critique de sensibilité de la culture aux adventices. Un second passage herbicide est donc recommandé pour limiter ces effets indésirables.

 
Les stratégies de désherbage en un passage, un passage de post-semis pré-levée ou un passage de post-levée tardif, se révèlent le plus souvent décevantes avec des pertes de rendement significatives.
En cas d’application précoce, la persistance de l’herbicide peut ne pas être suffisante pour éviter les relevées d’adventices avant que le maïs ne couvre le sol. Dans ce cas, la parcelle ne sera pas propre à la récolte et même si le rendement est peu affecté (car la concurrence des adventices sera tardive), le stock de graines d’adventices sera lui reconstitué.
En cas de désherbage tardif (au-delà de 8-10 feuilles du maïs) et sous réserve d’une efficacité satisfaisante, le champ pourra apparaitre propre au moment de la récolte, mais la perte de rendement sera significative car la concurrence des adventices se sera exercée tôt, en pleine période de sensibilité de la culture.
 

Quelques repères pratiques pour désherber le maïs fourrage

Selon Arvalis-Institut du végétal, la lutte contre les graminées, surtout si elles sont très présentes, doit se faire en post-semis prélevée ou en post-levée précoce avec des herbicides à action racinaire. Pour être efficace, le traitement doit être fait avant le stade 1-2 feuilles des graminées. Si nécessaire, il sera complété en post-levée classique par un produit spécifique à action foliaire. La lutte contre les dicots difficiles (renouées, mercuriale, véronique, etc.) se fera en deux passages, post-semis prélevée puis post-levée ou double post-levée, à définir en fonction de la présence des graminées et des dicots visées. La lutte contre les dicots classiques (morelle, chénopode, etc.) se fera en post-levée avec un herbicide de contact. Une forte présence de vivaces (liserons) nécessitera une lutte spécifique.
Pour être efficaces, les herbicides ont besoin de conditions spécifiques de sol et de climat. Les produits racinaires ont besoin d’un sol frais à l’application et de 10 à 15 mm de pluie dans les 15 jours qui suivent. Les herbicides foliaires doivent être appliqués par temps poussant et avec une hygrométrie de l’air supérieure à 70 %.

D’après un communiqué de presse Arvalis-Institut du végétal.
 
 
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