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Journée lait en Loire-Atlantique

Les laiteries se préparent à collecter davantage

Également autour de la table ronde, André Bonnard de la FNPL pense qu'après 2015, nous allons vivre une chose nouvelle: la mobilité des producteurs. "On changera de client, voire de production."

Avec un chiffre d'affaires de plus de 300 millions d'euros en 2013, le lait est la première production agricole de Loire-Atlantique (840 millions de litres dans plus de 2100 exploitations); c'est dire si le département est concerné par la question de la fin des quotas en 2015.

À l'occasion de la journée départementale laitière annuelle organisée par la chambre d'agriculture le 18 février, les collecteurs présents en Loire-Atlantique se sont réunis autour d'une table ronde pour débattre du contexte après-quotas. Tous considèrent qu'il y aura des opportunités à saisir pour produire davantage de lait. En particulier dans l'Ouest où les collecteurs sont nombreux. Et en particulier si ces collecteurs ont des ambitions à l'export.

Notre besoin est croissant, affirme René Grelaud, directeur de la Laiterie Saint-Père appartenant à Intermarché. Nous avons collecté environ 210 millions de litres cette année et nous estimons entre 250 et 280 millions de litres nos besoins à l'horizon 2020. 60% de notre collecte est transformée en lait de consommation et 30% en desserts lactés.
Nous vendons un peu de lait liquide en Chine, selon les opportunités de containers disponibles sur les bateaux. Et nos desserts longue conservation sont exportés en Afrique et au Vietnam. Cela dit, nous ne prendrons pas de risque à l'export.

De son côté, Pascal Heurtel, président de Colarena et vice-président d'Eurial, déclare voir l'avenir sereinement, grâce notamment à un positionnement original sur le marché export, afin d'aller chercher de la valeur ajoutée:

En 2003, nous avons fait l'analyse que le marché européen était saturé et qu'il fallait aller chercher d'autres marchés. D'où l'idée de développer la production de mozarella. Aujourd'hui, nous développons notre outil industriel arrivé à saturation: c'est une réussite avec le recul, mais au départ, c'était un pari!
En 2013, nous avons également prix la décision de nous unir avec Agrial et Coralis de façon à aller plus loin à l'export.

Les producteurs décideront

Éleveur lui aussi, Christophe Miault représente les producteurs laitiers de la coopérative Terrena, qui détient 31% de la coopérative laitière Laïta. Bien que Laïta réalise déjà 35% de son chiffre d'affaires à l'export, il semble plus prudent:

Laïta a investi 100 millions d'euros depuis deux ans, donc on y croit! Néanmoins, une enquête auprès de nos producteurs a montré que la tendance pour l'après 2015 était surtout une volonté de saturer l'outil de production, pas forcément d'augmenter fortement la production de lait.
L'export, on sait ce que c'est: c'est beaucoup de volatilité dans les prix. Même si on a du mal à passer des hausses de prix auprès de la distribution en France, il y a quand même moins de volatilité que sur le marché international.

Patrice Guilloux, directeur adjoint des approvisionnements en lait de Lactalis, dont 75% du chiffre d'affaires se fait à l'étranger, pense de son côté que l'export ne s'improvise pas:

Il faut une très bonne connaissance des pays, et le fait d'être implanté sur place est un gros atout, observe le représentant du premier groupe fromager mondial qui compte près de 200 sites industriels sur tous les continents.
Je pense que la collecte française va se développer là où il y aura des potentialités, notamment dans le Grand Ouest: c'est ce qui s'opère déjà aujourd'hui. Lactalis fixera le volume qu'elle veut acheter, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de perspective.

Nous sortons d'un système administré, conclut Pascal Heurtel. Les producteurs auront davantage le droit d'entreprendre: ce sont eux qui décideront ce qu'ils veulent produire. Notre mission de coopérative sera de développer les outils en fonction. Oui nous avons l'obligation de collecter, mais le développement devra être maîtrisé. Les producteurs devront être impliqués et s'intéresser au devenir de la structure commune. Le volume supplémentaire que nous voulons, bien sûr, c'est du volume qui apportera de la valeur ajoutée!

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