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« Perspectives agricoles 2016-2025 » de l’OCDE et de la FAO

Plus 177 millions de tonnes de lait dans 10 ans

D’ici à 2025, la production mondiale de lait devrait augmenter de 23 %, l’essentiel de cette hausse provenant des pays en développement, notamment de l’Inde et du Pakistan. Photo : Alexandra Giese

L'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont publié le 4 juillet les « Perspectives agricoles 2016-2025 ». D’après ce rapport conjoint, la production mondiale de lait devrait augmenter de 177 millions de tonnes au cours des dix prochaines années, soit une hausse de 23 % par rapport à la production des années de référence 2013-2015. Le rythme de croissance moyen devrait être de 1,8 % par an.

La majeure partie de cette croissance (73 %) devrait provenir des pays en développement, notamment de l’Inde et du Pakistan. L’essor de la production concerne essentiellement les produits laitiers frais, qui progresseront de 2,9 % par an dans les pays en développement et seront principalement absorbés par les marchés intérieurs. À l’échelle mondiale, la production des quatre principaux produits laitiers (beurre, fromage, lait écrémé en poudre et lait entier en poudre) s’accroît au même rythme que la production de lait, mais plus lentement que celle des produits laitiers frais.
 
La demande par habitant de produits laitiers dans les pays en développement devrait connaître une croissance régulière à moyen terme, alimentée par l’augmentation des revenus et la baisse des prix par rapport à leur niveau record de 2013. L’évolution des modes d’alimentation observée ces dernières années, vers une consommation accrue de produits d’origine animale aux dépens des aliments de base, devrait se poursuivre.

Vers un rebond des prix des produits laitiers

Selon les projections, la consommation devrait fortement progresser sur plusieurs marchés du Moyen-Orient et de l’Asie, dont l’Arabie saoudite, l’Égypte, l’Iran et l’Indonésie. Dans les pays en développement, la croissance de la consommation par habitant de produits laitiers, minimale dans le cas du fromage et maximale dans celui des produits laitiers frais, devrait se situer entre 0,8 et 1,7 %.

À titre de comparaison, l’augmentation annuelle prévue de la consommation par habitant dans le monde développé devrait se situer entre 0,5 % dans les cas des produits laitiers frais et 1,1 % dans celui du lait écrémé en poudre.

Les prix nominaux de tous les produits laitiers devraient, à moyen terme, rebondir par rapport à leur faible niveau actuel sous l’effet de l’offre et de la demande, de même que les prix réels du lait en poudre. Les prix réels du beurre et du fromage devraient légèrement fléchir au cours de la décennie à venir, quoiqu’à partir d’un niveau de référence relativement élevé par rapport à celui des poudres de lait.

L'UE et les USA moins compétitifs

L’appréciation du dollar des États-Unis et de l’euro freinera la croissance des exportations des Etats-Unis et de l’Union européenne, moins compétitives sur le marché mondial. À l’inverse, les exportateurs argentins, australiens et néozélandais devraient être plus compétitifs sur le marché mondial en raison de la faiblesse relative de leur monnaie.
 
Après la forte baisse accusée en 2014-2015, les exportations devraient progresser sans discontinuer au cours des dix prochaines années. Le beurre, le fromage, le lait écrémé en poudre et le lactosérum devraient connaître une croissance soutenue, supérieure à 2 %. Les exportations de lait entier en poudre devraient progresser au rythme plus modeste de 1,8 % par an.

Les faibles prix des produits laitiers entravant l’entrée sur le marché des exportateurs non traditionnels, la croissance des exportations continuera d’être assurée par un groupe restreint de gros exportateurs. L’Union européenne sera le premier exportateur mondial de lait écrémé en poudre et de fromage, tandis que la Nouvelle-Zélande occupera cette place pour le beurre et le lait entier en poudre.
 
Le marché mondial des produits laitiers est sensible à la variabilité des conditions météorologiques, aux réformes de l’action publique et à l’ouverture ou la fermeture des échanges dans les pays clés, soulignent l’OCDE et la FAO dans leur rapport:

L’évolution du marché des produits laitiers dépendra en grande partie de la demande d’importation de la Chine et de la vitesse avec laquelle les producteurs réagiront à la baisse des prix. Nous prévoyons le renforcement de la demande des pays en développement et supposons que les importations chinoises de lait écrémé  en poudre et de fromage augmenteront au cours de la période considérée, même si celle de lait entier en poudre et de beurre ne retrouveront pas leur niveau de 2014 car l’essentiel de la demande de ces produits sera satisfaite en interne.

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