La référence technique au service des éleveurs

Marchés mondiaux du lait

L’UE responsable des suppléments de collecte

En 2016, L'Union européenne a réalisé presque la totalité des suppléments de collectes des grands bassins laitiers excédentaires. Photo : 279photo/Fotolia

L’Union européenne a vu le prix du lait baisser mais pas de façon homogène entre ses pays membres : de - 15 % pour la France et l’Ukraine à 315 €/1 000 litres, jusque - 25 % pour l’Allemagne à 273 €/1 000 litres. Au cours de la journée sur les marchés mondiaux du lait 2016, les experts de l’Institut de l’élevage justifient cette baisse de prix par les investissements réalisés en prévision de la fin des quotas et de la hausse de production qu’ils ont entraînée.

La production de lait en Europe a ainsi progressé de 3,4 millions de tonnes en 2015, soit + 2,3 % par rapport à 2014. L’Irlande présente la plus importante progression avec une hausse de production de 23 % entre 2012 et 2015. Elle devance les Pays-Bas (+ 14 %), le Royaume-Uni (+ 12 %) et le Danemark (+ 7 %). L’Allemagne présente une progression dans la moyenne, à + 6 %, alors que la France est en dessous à + 3 %. D’après Gérard You, responsable du service économie des filières à l’Institut de l’élevage :

En 2015, l’Union européenne est responsable des trois quarts des suppléments de collecte des grands bassins laitiers excédentaires, que sont l’UE, les USA, la Nouvelle-Zélande, l’Australie et l’Argentine. En 2016, elle réalise quasiment la totalité de ces excédents, dont 90 % sont issus de seulement neuf pays.

Ces suppléments sont essentiellement transformés en ingrédients laitiers. La fabrication de beurre et d’ingrédients secs a augmenté et représente désormais 30 % de la matière sèche utile. Bien que les fromages augmentent peu, ils représentent tout de même 43 % de la collecte.

Plus de volumes exportés mais moins valorisés

Car l’augmentation de collecte doit faire face à une consommation peu dynamique en Europe qui progresse seulement de 0,8 % par rapport à 2014 et s’explique par la croissance démographique au sein des pays européens. Cette hausse de 1,1 million de TEL en 2015 est équivalente aux importations de produits laitiers réalisées par l’Union européenne. Des imports faibles qui tendent à diminuer, notamment le fromage (- 20 % à 61 500 tonnes) mais aussi le beurre en provenance de Nouvelle-Zélande.

L’Union européenne est plutôt exportatrice de ses produits laitiers, des exportations qui augmentent mais restent insuffisantes face au flot de l’offre. Gérard You détaille l’évolution de ces exportations de l’UE :

L’exportation représente 17,7 millions de TEL en 2015, et est en progression grâce à la compétitivité des produits. Cependant, malgré une hausse de 6 % des volumes exportés, ils sont moins bien valorisés avec une perte de 17 % par rapport à 2014.

Les exportations de laits conditionnés ont notamment bondi de 19 % par rapport à 2014, le lait condensé de 11 %, et le beurre de 30 %. L’export de beurre connaît une dynamique grâce à une demande en progression et une compétitivité moindre des États-Unis. Le fromage est, quant à lui, stable malgré l’embargo russe car ses exportations progressent vers les autres destinations. Alors que la poudre de lait connaît une faible progression qui s’explique par une hausse des exportations vers l’Asie, mais un recul sur l’Algérie et l’Afrique.

Lire aussi :
Des marchés émergents en attendant des prix
Lait : consommation en hausse lente mais constante
Le surplus d'offre pèse sur les prix

1div class="articles-similaires-titre">Dans la même rubrique

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.